Origines du projet

Questions à Catherine Gauthier, Conservateur du patrimoine et coordinateur général du projet

Comment est né ce projet d’exposition ?

L’Epa Sénart et l’Inrap ont toujours souhaité valoriser et présenter les découvertes archéologiques faites à Sénart au public. Par ailleurs, j’étais régulièrement interpellée par des visiteurs et élus sur le contenu de ces résultats. Nous avons donc réuni en 2006 les acteurs concernés par les recherches archéologiques à Sénart pour étudier la faisabilité d’une telle diffusion des découvertes… Et tout le monde fut très enthousiaste !

Quels en sont les objectifs ?

Répondre aux questions posées par les habitants, les municipalités et les acteurs de l’aménagement du territoire et du monde économique qui voient régulièrement les archéologues de l’Inrap intervenir sur leur territoire depuis maintenant plus de quinze ans : que font-ils, qu’ont-ils découvert, que savons-nous des premiers habitants de ce territoire ?

Pourquoi l’avoir appelé « Homo senartus » ?

Les données obtenues par ces recherches sont denses, tant en surface qu’en périodes concernées. Nous pouvions voir évoluer étape par étape dans ce terroir notre « cousin ». Peu à peu, ont été identifiées les caractéristiques de nos ancêtres, leur vie quotidienne ; nous avons eu envie de les personnifier sous les traits d’un proche parent qui est là, sous nos pieds… Un Homo senartus…Enfin, il nous a semblé important, notamment pour les habitants de Sénart, d’expliquer que des milliers de générations les précèdent sur ce territoire Sénartais. Une manière de retrouver ses racines en « ville nouvelle… pas si nouvelle que ça ! »

Archéologie, le passé au service du présent ?

En quelque sorte. Notre premier souci était le partage des connaissances produites par les scientifiques ; leur valorisation à plus long terme par une publication et la conservation d’objets rares. Par ailleurs, ces recherches sont aujourd’hui à disposition de tous, y compris des urbanistes et des aménageurs qui souhaiteraient s’en inspirer pour leurs futurs projets d’aménagements : il n’est pas anodin de savoir que l’on construit une école sur une ferme gauloise ! Cela permettra également au monde économique, qui doit intégrer dans son calendrier d’aménagement la possibilité de fouilles préventives, de mieux comprendre le sens profond de ces recherches. Il faut aussi se souvenir que les travaux, comme les fouilles, détruisent irrémédiablement les vestiges si rares de notre passé.

Catherine Gauthier,
ecomusee@savigny-le-temple.fr,
01 64 41 75 15

Musée de France, Ferme du Coulevrain
place de l'Église 77176 Savigny-le-Temple